Poèmes d’Édith Azam

 

 

Contourner les ovales, implacables figures.

Le mors collé aux dents –

Dans la grimace du départ, le récipient étroit ou s’immisce la fente –

L’air frais, la goutte d’eau                                Pour que reproduction des états –

 

 

 

 

 

 

Echancrure –

Division des espaces dans les étranglements

Ascension des cellules

Verticalité bleue –

 

 

                                                                                        Horizon –

Horizon-écoutille et les remparts du vide indiquent les valeurs –

 

 

 

 

 

Soubresaut : Etal dans zone rouge.

Le fer dans les gencives, éclair dans les orbites,

Puissance des retours de sang et tenseurs en alerte –

 

 

 

 

 

 

 

Hisser le cri dans l’horizon... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Toucher le blanc sonore –


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tourner –

Tourner autour –

Miroir –

Miroir éclats, images fixes –

Images fixes, instantanés –

Miroir –

Craquer le miroir –

Tourner –

Regards reflets, multipliés –

Regard –

Electrochocs dans les pupilles –

Miroir –

Miroir brisé –

Regard –

Regard et la pupille : Pupille pierre volcanique –

Iris brisé                                  La tétanie dans les fractures –

Les tourbillons

Les tourbillons emportent                 Les copeaux –

Tourner –

Tourner –

Tourner la tête mille fois

Et dans l’effondrement du sol,

La tourner mille fois encore –

Tourner            quitter le corps                      devenir fou –

Fuir les instantanés les projectiles gueule ouverte –

Fouet –

Fouet –

Fuir les instantanés et les craque-pupille :

Fermer les yeux, ouvrir tout soi, ouvrir les blocs –

Craquer les murs les pierres blanches

Craquer les ombres sous la peau,

Les ombres sel                      éblouissantes –

Tourner –

Tourner –

Tout fracasser la chambre noire –

La chambre obscure : Tout fracasser –


 

 

 

 

 

A la pointe du cœur les couleurs se rétractent –

Le froid plante sa lame,

Le vent ne sait                 plus rien de l’ombre –

Impulsion du fouet : Décroche –

Le long du corps,

L’ellipse cingle –

 

Derrière le regard : Peur de la chambre noire –

Derrière le regard :        

Il n’y a aucune certitude –

 

Profusion de non-sens,

Mémoire identitaire         pas un seul souvenir –

Explosion émotive : Reconnaissance provisoire –

L’enfance hermaphrodite,

Le psychotique pour le sexe –

Il n’y a que des fragments brûlés,

 

Il n’y a que des êtres hors-peau –

 

Pensé à toi ma Sœur Cartouche,

Pensé je ne sais plus même quoi,

Pensé dans cette obscurité qui tombe et qui n’a toujours fait que ça.

 

J’ai été recouverte de lune,

J’ai été happée par le vent.

Trop vite – Trop fort – Trop haut –

Etirée plus loin que moi-même,

Et le sternum :

BANG !

- Sœur Cartouche –

 

Ma Sœur Cartouche aveuglément –

Aveuglément et puis ton souffle,

Tout ton souffle dans mes poumons

Qui me perfore Le Courage avec ses yeux

Coupe-Coupe Machette.

 

Ma Sœur Cartouche au bord des lèvres,

Au bord,

Partout,

Et puis la parole interdite

Pour que Ciel Blanc

Pour que Silence

 

Au bord des tempes,

Les yeux crevés,

Ma Sœur Cartouche aveuglément,

Comme ce Ciel Blanc que j’avale,

- Ciel Blanc ma cervelle défaite –

 


 

                                                                                                                            LES YEUX NE SONT JAMAIS …

 


Les regards tombent /

La foudre s’appuie sur l’angoisse /

Il n’y a rien /

Il n’y a rien derrière ni à qui le reprendre /

Les chemins variations s’effondrent sous la pluie /

Il n’y a rien /

Même le vent hésite /

Se cacher du rivage /

La peur : ça défigure /

Et les reflets dans l’angle : les ombres autour /

Tout a disparu : rien /

Les tremblements : mortels /

On ne sait plus quoi                         quoi écrire /

Table assise devant /

Les voix les voix /

Les voix posées sous verre /

Dans la lumière blanche, les traits /

Les traits s’effondrent et disparaissent /

Rien à faire rien /

Les horizons nous hallucinent /

 

                                                                                             LA ROUTE EST TRACÉÉ SOUS LA PEAU

 

 

Ce qu’il reste de la surface – Charniers secondaires ; Identification – La femme enceinte, les trois garçons – L’os, la torture – Les jeunes filles hurlent – Les bulldozers : Creuser la terre – Pas de réponse. Pas de réponse – La communauté laisse faire – Grand nettoyage sous protection –

Terre de sang, Bosnie Herzégovine…

 

Sophistiquer massacre, implanter de nouveaux symboles – Le père de famille a eu les mains coupées – Dix ans après, les femmes seules – Les femmes en exil, après ? Pas de réponse. Pas de réponse – Terre de sang, Bosnie Herzégovine…

 

Ordre aux snipers  Tailler ! Tailler ! Cette maison-là : Perdu deux fils – Cette maison-là : Les quatre frères – Cette maison-là : Les jeunes garçons, et la mère –

 

 

Terre de sang, Bosnie Herzégovine…

Ordre aux snipers : Tailler ! Tailler !


 

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